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En l'état d'un bail commercial portant
Droit Immobilier

En l'état d'un bail commercial portant

📅 Décision du 10 juin 1976⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

En l'état d'un bail commercial portant sur des locaux précédemment utilisés à usage d'habitation est légalement justifiée la décision qui constate le jeu d'une clause résolutoire pour défaut d'exercice du commerce, dès lors que le locataire ne justifie pas avoir été dans l'impossibilité d'obtenir une dérogation à l'article 340 du code de l'urbanisme, l'administration compétente ayant au contraire fait connaître que l'utilisation commerciale des lieux ne soulevait de sa part aucune objection.

Décision de référence : cc • N° 75-10.100 • 1976-06-10 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

En l'état d'un bail commercial portant sur des locaux précédemment utilisés à usage d'habitation est légalement justifiée la décision qui constate le jeu d'une clause résolutoire pour défaut d'exercice du commerce, dès lors que le locataire ne justifie pas avoir été dans l'impossibilité d'obtenir une dérogation à l'article 340 du code de l'urbanisme, l'administration compétente ayant au contraire fait connaître que l'utilisation commerciale des lieux ne soulevait de sa part aucune objection.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 75-10.100
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 10 juin 1976

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Commerçant bloqué par l'ancienne affectation d'habitation des locaux

Monsieur Durand loue en 2024 un ancien appartement au rez-de-chaussée à Lyon (loyer de 1 200 €/mois) pour y ouvrir une boutique de vêtements. Le bail commercial prévoit que le bail peut être résilié automatiquement si le commerce n'est pas exploité (clause résolutoire). Un an après, il n'a toujours pas ouvert, en expliquant que les locaux étaient auparavant des logements et qu'il lui fallait une autorisation d'urbanisme.

Application pratique:

Selon cette décision de 1976, le locataire ne peut invoquer le changement d'usage (habitation vers commerce) que s'il prouve avoir été réellement dans l'impossibilité d'obtenir la dérogation nécessaire. Monsieur Durand doit donc, dès la signature, déposer sa demande auprès de la mairie et conserver les courriers de réponse. Si la mairie n'oppose aucune objection, il ne pourra pas se défendre en invoquant ce motif et le bailleur pourra faire constater la résiliation. Il doit ouvrir son commerce rapidement ou démontrer, pièces à l'appui, un refus de l'administration.

2

Bailleur voulant faire jouer la clause résolutoire pour commerce fermé

Madame Lefèvre est propriétaire à Bordeaux d'un local anciennement d'habitation, loué 900 €/mois à un artisan depuis 18 mois. Le locataire n'y exerce aucune activité et se plaint de difficultés administratives non prouvées. Elle souhaite récupérer son bien pour le relouer.

Application pratique:

Cette jurisprudence permet au bailleur d'obtenir la résiliation lorsque le locataire n'exploite pas les lieux et ne prouve pas avoir été empêché par un refus de l'administration. Madame Lefèvre doit d'abord interroger la mairie par écrit pour savoir si l'usage commercial pose problème, et conserver la réponse. Elle doit ensuite faire délivrer par un commissaire de justice (anciennement huissier) un commandement de respecter la clause, en suivant les formalités du bail. Faute de régularisation dans le délai prévu, elle pourra saisir le juge pour faire constater la résiliation, en produisant la réponse de l'administration.

3

Investisseur achetant des locaux d'habitation pour les louer en commerce

Monsieur Martin, investisseur à Nantes, achète pour 180 000 € un ancien logement en rez-de-chaussée afin de le louer comme bail commercial à un restaurateur. Il ignore si le changement d'usage est autorisé et ne veut pas s'exposer à un litige avec le futur locataire.

Application pratique:

Cette décision montre que les juges examinent concrètement l'attitude de l'administration : si elle ne s'oppose pas à l'usage commercial, le locataire ne peut pas s'en servir comme excuse pour ne pas exploiter. Monsieur Martin a donc intérêt à obtenir avant la signature une attestation écrite de la mairie sur la compatibilité de l'usage commercial. Il doit mentionner dans le bail l'ancienne destination des locaux et qui se charge des démarches. Il peut aussi prévoir une clause suspensive, c'est-à-dire une condition qui retarde l'effet du bail jusqu'à l'obtention de l'autorisation, afin d'éviter tout contentieux.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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