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Un bail à usage d'habitation qui
Droit Immobilier

Un bail à usage d'habitation qui

📅 Décision du 14 mai 1997⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

Un bail à usage d'habitation qui prohibe l'exercice dans les lieux loués de " toute activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale " n'interdit pas à la locataire, qui occupe le logement avec sa famille, d'y exercer, moyennant salaire, l'activité d'assistante maternelle.

Décision de référence : cc • N° 95-18.290 • 1997-05-14 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Un bail à usage d'habitation qui prohibe l'exercice dans les lieux loués de " toute activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale " n'interdit pas à la locataire, qui occupe le logement avec sa famille, d'y exercer, moyennant salaire, l'activité d'assistante maternelle.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 95-18.290
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 14 mai 1997

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Locataire devenue assistante maternelle à son domicile

Sophie loue un T4 à Nantes (950 €/mois) avec son mari et ses deux enfants. Son bail interdit « toute activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale ». Elle vient d'obtenir son agrément auprès du Conseil départemental pour accueillir trois enfants à la journée, moyennant rémunération des parents.

Application pratique:

Selon la Cour de cassation (arrêt du 14 mai 1997, n° 95-18.290), une clause qui interdit ces activités n'empêche pas une locataire qui vit dans le logement avec sa famille d'y exercer, contre salaire, le métier d'assistante maternelle. Sophie peut donc commencer son activité sans demander l'accord de son bailleur. Elle a intérêt à l'informer par courrier, à garder une copie de son agrément et à vérifier que son assurance habitation couvre l'accueil des enfants. Si le bailleur menace de résilier le bail, elle doit répondre par écrit en citant cette décision et consulter un avocat avant toute procédure.

2

Propriétaire bailleur qui conteste l'activité de sa locataire

Marc possède un appartement loué 780 € par mois à Lyon (Villeurbanne). Il découvre que sa locataire accueille quatre enfants chaque jour. Il envoie une mise en demeure de cesser cette « activité professionnelle » en invoquant la clause interdisant les activités commerciales, artisanales ou libérales, sous peine de résiliation du bail.

Application pratique:

Marc risque de perdre s'il saisit le tribunal. La Cour de cassation juge que cette clause ne vise pas l'assistante maternelle qui habite les lieux avec sa famille. Cette activité est exercée en tant que salariée, dans le logement qui reste sa résidence principale. Il doit d'abord vérifier le statut de la locataire (agrément, contrats de travail avec les parents). Si elle respecte le bail par ailleurs (loyer payé, absence de troubles anormaux de voisinage), il vaut mieux renoncer à la résiliation, qui échouerait et coûterait des frais de procédure. En cas de vraie nuisance (bruit, dégradations), il peut agir sur ce fondement.

3

Rédiger un bail plus précis pour éviter les litiges

Claire, propriétaire d'un deux-pièces à Bordeaux (700 € par mois), prépare un nouveau bail. Elle souhaite empêcher toute activité professionnelle qui attirerait des clients ou du passage, mais se demande si sa clause type, interdisant toute activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale, sera efficace.

Application pratique:

Cette décision montre que les juges lisent ces clauses de façon stricte : une interdiction générale n'empêche pas l'activité d'assistante maternelle salariée. Si Claire veut aller plus loin, elle doit rédiger une clause précise, par exemple interdire tout accueil d'enfants ou de clientèle dans le logement. Une telle clause plus restrictive peut toutefois être contestée si elle porte une atteinte excessive aux droits du locataire. Claire doit donc faire relire son contrat par un avocat avant de le signer, et prévoir une formulation claire et proportionnée.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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