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La location, par un rapatrié, du bien
Droit Immobilier

La location, par un rapatrié, du bien

📅 Décision du 28 janvier 1976⚖️ Cour de cassation👁️ 16 vues📖 2 min de lecture

La location, par un rapatrié, du bien acquis à l'aide d'un prêt consenti, en vue de sa réinstallation en France, et sous condition résolutoire de son exploitation personnelle de ce bien, par un organisme de crédit conventionné, ne permet plus à l'emprunteur de se prévaloir des mesures de protection juridique instituées par les lois des 6 novembre 1969 et 15 juillet 1970 en faveur des rapatriés.

Décision de référence : cc • N° 74-13.702 • 1976-01-28 • Consulter la décision →

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La situation

La location, par un rapatrié, du bien acquis à l'aide d'un prêt consenti, en vue de sa réinstallation en France, et sous condition résolutoire de son exploitation personnelle de ce bien, par un organisme de crédit conventionné, ne permet plus à l'emprunteur de se prévaloir des mesures de protection juridique instituées par les lois des 6 novembre 1969 et 15 juillet 1970 en faveur des rapatriés.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 74-13.702
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 28 janvier 1976

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Repatrié souhaitant louer son exploitation agricole

Monsieur P., rapatrié d’Algérie en 1962, a acquis une exploitation viticole de 12 hectares à Béziers (Hérault) en 1970 grâce à un prêt de la Caisse de Crédit Agricole, sous condition résolutoire d’exploitation personnelle. Aujourd’hui âgé de 78 ans, il envisage de la louer à un jeune viticulteur pour compléter sa retraite.

Application pratique:

Cette décision lui est directement applicable : s’il loue le bien, il perd immédiatement les mesures de protection (comme les délais de grâce ou les suspensions de poursuites) prévues par les lois de 1969 et 1970. Avant de signer un bail, il doit consulter un avocat spécialisé pour étudier des alternatives comme la vente en viager ou le fermage avec clause de réserve de propriété, afin de ne pas compromettre sa sécurité juridique.

2

Banque confrontée à un emprunteur rapatrié défaillant

La Société Générale à Marseille a octroyé en 1975 un prêt conventionné à Madame L., rapatriée, pour l’achat d’un local commercial (boulangerie) avec condition résolutoire d’exploitation personnelle. En 1981, Madame L. a mis le fonds en location-gérance. Aujourd’hui, en difficulté financière, elle invoque les protections des rapatriés pour suspendre le recouvrement.

Application pratique:

La banque peut se fonder sur la décision pour refuser ces protections : dès lors que le bien a été loué, l’emprunteur ne peut plus s’en prévaloir. Elle doit réunir les preuves de la location (bail, quittances) et notifier à Madame L. la déchéance de son statut protecteur, puis engager les poursuites classiques sans avoir à observer les contraintes spécifiques aux rapatriés.

3

Héritier envisageant de louer le bien du défunt

Suite au décès de son père, M. A. hérite d’une maison d’habitation à Nice (Alpes-Maritimes) acquise en 1972 via un prêt rapatrié. Le père exploitait personnellement un atelier de réparation au rez-de-chaussée. M. A., fonctionnaire à Lyon, souhaite louer l’intégralité du bien pour dégager un revenu complémentaire tout en remboursant le solde du prêt (environ 15 000 €).

Application pratique:

Même si la location n’est pas le fait du bénéficiaire initial, le contrat de prêt et la condition résolutoire sont attachés au bien. Il doit d’abord vérifier si son père a déjà loué le bien de son vivant : si oui, les protections sont éteintes et la banque pourrait exiger le remboursement immédiat. Avant toute mise en location, il doit consulter l’acte de prêt et un notaire pour évaluer le risque de déchéance et, le cas échéant, négocier un avenant avec l’organisme prêteur.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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