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Si la créance du délégant sur le délégué ne peut être saisie avant défaillance
Droit Immobilier

Si la créance du délégant sur le délégué ne peut être saisie avant défaillance

📅 Décision du 14 février 2006⚖️ Cour de cassation👁️ 12 vues📖 2 min de lecture

Si la créance du délégant sur le délégué s'éteint seulement par le fait de l'exécution de la délégation, ni le délégant, ni ses créanciers ne peuvent, avant la défaillance du délégué envers le délégataire, exiger le paiement ; il en résulte que la saisie-attribution effectuée entre les mains du délégué par le créancier du délégant ne peut avoir pour effet de priver le délégataire, dès son acceptation, de son droit exclusif à un paiement immédiat par le délégué, sans concours avec le créancier saisissant. C'est à bon droit qu'une cour d'appel a retenu que les sommes dues par le délégué au délégant au titre des loyers n'étaient pas saisissables par les créanciers du délégant dont le droit de créance qui demeure dans son patrimoine est indisponible à compter de l'acceptation du délégataire.

Décision de référence : cc • N° 03-17.457 • 2006-02-14 • Consulter la décision →

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La situation

Si la créance du délégant sur le délégué s'éteint seulement par le fait de l'exécution de la délégation, ni le délégant, ni ses créanciers ne peuvent, avant la défaillance du délégué envers le délégataire, exiger le paiement ; il en résulte que la saisie-attribution effectuée entre les mains du délégué par le créancier du délégant ne peut avoir pour effet de priver le délégataire, dès son acceptation, de son droit exclusif à un paiement immédiat par le délégué, sans concours avec le créancier saisissant. C'est à bon droit qu'une cour d'appel a retenu que les sommes dues par le délégué au délégant au titre des loyers n'étaient pas saisissables par les créanciers du délégant dont le droit de créance qui demeure dans son patrimoine est indisponible à compter de l'acceptation du délégataire.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
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Informations juridiques

  • Numéro: 03-17.457
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 14 février 2006

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire bailleur : protéger les loyers délégués d’une saisie

M. Martin, propriétaire d’un appartement à Lyon loué 800 €/mois, a obtenu un prêt de la Banque Populaire. Pour garantir le remboursement, il a délégué le paiement des loyers : le locataire verse directement le loyer à la banque, qui a accepté la délégation. Un autre créancier de M. Martin tente de pratiquer une saisie-attribution sur les loyers entre les mains du locataire.

Application pratique:

La Cour de cassation confirme que dès l’acceptation de la délégation par le délégataire (la banque), celui-ci bénéficie d’un droit exclusif au paiement immédiat par le délégué (le locataire). Les loyers ne sont plus saisissables par les autres créanciers du délégant (le propriétaire). En pratique, M. Martin doit informer le locataire et la banque de la tentative de saisie, et la banque peut s’y opposer en invoquant cette décision. Il est recommandé de formaliser la délégation par écrit et de conserver la preuve de l’acceptation de la banque.

2

Locataire commercial : payer sans crainte un tiers désigné

La SARL Dubois, locataire d’un local commercial à Marseille pour un loyer de 2 500 €/mois, reçoit un avis de délégation : le bailleur lui demande de verser le loyer à la société Crédit-Bail, qui a financé des travaux dans l’immeuble. Inquiet d’un éventuel recours d’un autre créancier du bailleur, le gérant hésite à modifier le destinataire du paiement.

Application pratique:

L’arrêt du 14 février 2006 établit qu’une fois la délégation acceptée par le délégataire (Crédit-Bail), le délégant (le bailleur) ne peut plus exiger le paiement, et les loyers ne sont pas saisissables par ses autres créanciers. La SARL Dubois doit donc effectuer les paiements à Crédit-Bail sans craindre un double paiement. Il est conseillé de demander une copie de l’acte de délégation mentionnant l’acceptation du délégataire, et de conserver tous les justificatifs de virement.

3

Acheteur d’immeuble loué : respecter la délégation existante

Mme Lefèvre acquiert un immeuble de rapport à Bordeaux comprenant trois appartements loués. Avant la vente, le vendeur avait délégué à sa banque le paiement des loyers pour garantir un prêt, et la banque avait accepté la délégation. Après l’achat, Mme Lefèvre se demande si elle peut exiger que les locataires lui versent directement les loyers.

Application pratique:

L’acquisition de l’immeuble ne remet pas en cause la délégation acceptée : le droit exclusif de la banque perdure. Mme Lefèvre ne peut pas contourner la délégation sans l’accord de la banque. Elle doit donc informer les locataires de continuer à payer la banque jusqu’à extinction de la créance déléguée. Pour sécuriser l’opération, l’acte de vente doit mentionner l’existence de cette délégation et prévoir une clause de reprise des obligations.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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