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Bailleur : que change la décision du juge ?
Droit Immobilier

Bailleur : que change la décision du juge ?

📅 Décision du 04 juin 2009⚖️ Cour de cassation👁️ 7 vues📖 2 min de lecture

Ayant relevé que le bailleur avait acheté en l'état futur d'achèvement un entrepôt à finalité intrinsèque de stockage dix ans avant de le louer aux actuels locataire et sous-locataire, qui en faisaient un usage normal, sans que cette installation ait fait l'objet d'une demande d'autorisation d'exploiter tant au moment de la construction que de l'installation d'un premier locataire, la cour d'appel a pu en déduire que cette première faute commise par le bailleur était seule à l'origine du préjudice résultant, pour celui-ci, de l'impossibilité de mettre l'immeuble en conformité avec la réglementation relative aux installations classées en exécution d'une mise en demeure faite par l'administration à l'exploitant

Décision de référence : cc • N° 08-12.126 • 2009-06-04 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Ayant relevé que le bailleur avait acheté en l'état futur d'achèvement un entrepôt à finalité intrinsèque de stockage dix ans avant de le louer aux actuels locataire et sous-locataire, qui en faisaient un usage normal, sans que cette installation ait fait l'objet d'une demande d'autorisation d'exploiter tant au moment de la construction que de l'installation d'un premier locataire, la cour d'appel a pu en déduire que cette première faute commise par le bailleur était seule à l'origine du préjudice résultant, pour celui-ci, de l'impossibilité de mettre l'immeuble en conformité avec la réglementation relative aux installations classées en exécution d'une mise en demeure faite par l'administration à l'exploitant

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 08-12.126
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 04 juin 2009

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Location d’un entrepôt sans autorisation ICPE : la faute du bailleur

À Lyon, un propriétaire bailleur a acheté en 2015 un entrepôt de 500 m² construit en 2000, destiné au stockage de produits non dangereux. Il l’a immédiatement loué à une PME de logistique sans vérifier si une autorisation d’exploiter au titre des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) avait été obtenue lors de la construction. En 2024, l’administration préfectorale met en demeure l’exploitant de se conformer sous astreinte de 500 € par jour, faute d’autorisation valide.

Application pratique:

La décision de la Cour de cassation du 4 juin 2009 (n°08-12.126) établit que le bailleur commet une faute initiale en louant un local nécessitant une autorisation ICPE sans s’assurer qu’elle a été délivrée dès l’origine, même si la construction était en l’état futur d’achèvement. Ici, l’absence d’autorisation depuis la construction engage la responsabilité exclusive du propriétaire pour l’impossibilité de mise en conformité. Actions à mener : solliciter sans délai un avocat spécialisé pour évaluer les risques contentieux, demander une régularisation administrative a posteriori (bien que difficile), et à l’avenir, exiger systématiquement les autorisations ICPE avant toute acquisition ou location de locaux à usage de stockage.

2

Achat d’un local commercial pour stockage : le piège caché

À Marseille, un primo-investisseur immobilier envisage d’acheter un atelier de 200 m² pour 150 000 €, construit en 1998 et utilisé depuis comme dépôt de matériaux de construction par son ancien propriétaire. Séduit par le prix, il projette de le louer à une entreprise de BTP. Lors de la promesse de vente, le notaire ne mentionne aucun récépissé d’ICPE, mais l’acquéreur ne s’en inquiète pas.

Application pratique:

La jurisprudence du 4 juin 2009 rappelle que le propriétaire d’un local à finalité de stockage doit détenir une autorisation ICPE dès la construction ou avant la première exploitation. Si le local n’a jamais été autorisé, c’est le propriétaire (ici le vendeur puis l’acheteur) qui est fautif et responsable en cas de mise en demeure administrative. Application concrète : avant de signer, demandez au vendeur et à la préfecture un certificat de conformité ou une copie de l’arrêté d’autorisation ICPE. Insérez une clause suspensive dans le compromis, conditionnant l’achat à l’obtention d’une autorisation régularisée. Consultez un avocat pour analyser les risques et chiffrer le coût éventuel d’une mise aux normes (jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros).

3

Copropriété avec local de stockage non autorisé : tous responsables ?

Dans une copropriété parisienne de 10 lots, un copropriétaire loue depuis 5 ans son local de 80 m² au rez-de-chaussée à un artisan qui y stocke des peintures et solvants. Aucune autorisation ICPE n’a jamais été demandée. En 2024, la préfecture adresse une mise en demeure à l’exploitant et informe le syndic de la nécessité de régulariser sous peine de fermeture. La facture estimée pour les travaux de conformité et les études s’élève à 40 000 €.

Application pratique:

La décision du 4 juin 2009 impute au bailleur la faute initiale d’avoir loué sans autorisation ICPE un bien à finalité de stockage. En l’espèce, le copropriétaire bailleur est juridiquement le propriétaire du lot et engage sa responsabilité. Toutefois, si des parties communes sont affectées par les travaux de mise en conformité, la copropriété pourrait devoir intervenir. La jurisprudence aide à identifier le responsable premier. Actions : le syndic doit consulter un avocat pour faire reconnaître la faute exclusive du copropriétaire bailleur et lui réclamer le coût des mesures imposées. Ce dernier doit régulariser d’urgence en déposant un dossier ICPE, sous peine de voir sa responsabilité civile et pénale engagée. À l’avenir, le règlement de copropriété pourrait prévoir une clause interdisant toute activité sans autorisation administrative préalable, contrôlée par le syndic.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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