Référence : Conseil d’État, 28 septembre 2022, n° 21-40.018
Introduction
La fiscalité des plus-values immobilières pour les non-résidents constitue un enjeu majeur pour les étrangers souhaitant investir ou céder un bien situé en France. L’arrêt du Conseil d’État du 28 septembre 2022 (n° 21-40.018) est venu clarifier l’application du taux de 19 % et des prélèvements sociaux, offrant une sécurité juridique bienvenue. En tant qu’avocate spécialisée en droit immobilier international, je vous propose une analyse détaillée de cette décision et de ses implications pratiques.
Le cadre légal de la plus-value immobilière des non-résidents
Principe d’imposition
En vertu de l’article 244 bis A du Code général des impôts (CGI), les personnes physiques non domiciliées fiscalement en France sont soumises à un prélèvement forfaitaire sur les plus-values réalisées lors de la cession d’immeubles situés en France. Ce prélèvement est fixé à 19 % pour les plus-values nettes, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (contribution sociale généralisée, contribution au remboursement de la dette sociale, prélèvement social, contribution additionnelle).
Exonérations et abattements
Des abattements pour durée de détention sont prévus par l’article 150 VC du CGI : 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e année, aboutissant à une exonération totale après 22 ans. Toutefois, ces abattements ne s’appliquent pas aux prélèvements sociaux, ce qui a été contesté devant le Conseil d’État.
Analyse de l’arrêt n° 21-40.018 du 28 septembre 2022
Les faits et la question posée
Un contribuable non-résident avait cédé un bien immobilier en France et contestait l’application des prélèvements sociaux sur la plus-value, estimant qu’ils étaient contraires au droit de l’Union européenne (libre circulation des capitaux). Il demandait l’abattement pour durée de détention sur l’ensemble des impositions, y compris les prélèvements sociaux.
La décision du Conseil d’État
Le Conseil d’État a rejeté la requête, jugeant que le régime français n’est pas discriminatoire. Il a rappelé que les prélèvements sociaux sont applicables aux résidents comme aux non-résidents, et que l’absence d’abattement pour durée de détention sur ces prélèvements est justifiée par leur nature de contributions sociales, distinctes de l’impôt sur le revenu. La décision s’appuie sur l’article 244 bis A du CGI et sur la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE, arrêt Hervis).
Portée pratique
Cette décision confirme que les non-résidents doivent s’acquitter des prélèvements sociaux au taux de 17,2 % sans abattement pour durée de détention, ce qui alourdit la charge fiscale totale à 36,2 % (19 % + 17,2 %). Elle souligne l’importance d’une Droit de préemption urbain : que faire si le vendeur refuse mon prix ?">planification fiscale rigoureuse avant toute cession.
Conseils pratiques pour les non-résidents
Anticiper la fiscalité lors de l’acquisition
- Structure de détention : Opter pour une société civile immobilière (SCI) peut offrir des avantages fiscaux, mais attention aux règles de transparence fiscale.
- Convention fiscale : Vérifier si la convention bilatérale avec le pays de résidence prévoit un taux réduit ou une exonération.
- Durée de détention : Conserver le bien plus de 22 ans pour bénéficier de l’exonération totale de l’impôt sur la plus-value (19 %), mais pas des prélèvements sociaux.
Lors de la cession
- Calcul précis : Faire établir une estimation de la plus-value nette et des prélèvements sociaux par un expert-comptable.
- Délais de déclaration : La plus-value doit être déclarée dans le mois suivant la cession (article 244 bis A du CGI).
- Paiement : Le notaire retient le montant dû lors de la vente et le reverse au Trésor public.
Comment Maître Cécile Zakine peut vous accompagner
En tant qu’avocate spécialisée en droit immobilier et fiscalité internationale, je propose un accompagnement sur mesure :
- Audit fiscal : Analyse de votre situation personnelle et de la structure de détention optimale.
- Négociation : Assistance lors de l’acquisition ou de la cession pour sécuriser les clauses fiscales.
- Contentieux : Représentation devant l’administration fiscale ou les juridictions en cas de litige.
- Droit international privé : Prise en compte des règles de conflit de lois et des conventions internationales.
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Conclusion
L’arrêt du Conseil d’État du 28 septembre 2022 rappelle aux non-résidents l’importance d’une gestion fiscale rigoureuse. Le taux de 19 % et les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sans abattement pour durée de détention sur ces derniers. Pour optimiser votre situation, n’hésitez pas à consulter un avocat spécialisé. Maître Cécile Zakine vous reçoit en cabinet ou en visioconférence pour étudier votre dossier.

