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Abbruch eines Bauwerks: Der Richter muss zunächst prüfen, ob eine Nachbesserung möglich ist
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Abbruch eines Bauwerks: Der Richter muss zunächst prüfen, ob eine Nachbesserung möglich ist

📅 Décision du 18 Juni 2026⚖️ Cour de cassation👁️ 20 vues📖 5 min de lecture

Der Kassationsgerichtshof erinnert daran, dass der Abbruch eines illegalen Bauwerks nicht angeordnet werden darf, ohne zuvor geprüft zu haben, ob eine Nachbesserung möglich und vom Eigentümer akzeptiert wird. Eine Entscheidung, die Eigentümer vor zu radikalen Maßnahmen schützt.

Décision de référence : cc • N° 24-14.342 • 2026-06-18 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'une maison à Le Cannet, dans l'arrière-pays grassois. Pour agrandir votre terrasse, vous avez réalisé un exhaussement de terrain (un remblai) sans demander de permis d'urbanisme. La commune vous assigne en justice pour obtenir la démolition de cet ouvrage et la remise en état des lieux. Jusqu'à présent, les juges ordonnaient souvent la démolition sans autre forme de procès. Mais la Cour de cassation vient de changer la donne.

Dans son arrêt du 18 juin 2026, la plus haute juridiction judiciaire pose un principe clair : avant d'ordonner la démolition ou la remise en état d'un ouvrage sur le fondement de l'article L. 480-14 du code de l'urbanisme, le juge doit rechercher, même d'office (c'est-à-dire sans que les parties le demandent), si une mise en conformité de la construction aux règles d'urbanisme est possible. Et si cette mise en conformité est acceptée par le propriétaire, la démolition ne peut pas être prononcée.

Cette décision est une petite révolution pour les propriétaires, qu'ils soient à Grasse, à Nice ou ailleurs. Elle oblige les communes à ne pas demander systématiquement la destruction, mais à envisager d'abord des solutions moins radicales. En clair, on ne démolit plus pour le plaisir de démollir : on cherche d'abord à régulariser.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. X est propriétaire d'un terrain à Le Cannet, dans les Alpes-Maritimes. Pour aménager un espace de stationnement et une terrasse, il réalise un exhaussement de sol (un remblai) sans avoir obtenu au préalable un permis d'aménager ou une déclaration préalable. La commune de Le Cannet, constatant l'infraction, l'assigne devant le tribunal judiciaire de Grasse sur le fondement de l'article L. 480-14 du code de l'urbanisme. Ce texte permet à la commune de demander au juge civil d'ordonner la démolition ou la remise en état d'un ouvrage construit sans autorisation.

Le tribunal de Grasse fait droit à la demande : il ordonne la remise en état des lieux, c'est-à-dire la démolition du remblai et la restitution du terrain dans son état antérieur. M. X fait appel. La cour d'appel d'Aix-en-Provence confirme le jugement. Selon elle, dès lors que les conditions de l'article L. 480-14 sont réunies (construction sans autorisation), la démolition s'impose, sans qu'il soit besoin d'examiner si l'ouvrage est conforme ou non aux règles d'urbanisme.

M. X se pourvoit en cassation. Il soutient que la cour d'appel aurait dû rechercher si une mise en conformité était possible, et si elle était acceptée par lui. La Cour de cassation lui donne raison : elle casse l'arrêt d'appel et renvoie l'affaire devant une autre cour d'appel. Les juges du fond devront désormais vérifier, avant toute démolition, si une régularisation est envisageable.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

L'article L. 480-14 du code de l'urbanisme dispose que « la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme peut saisir le tribunal judiciaire pour faire cesser une construction ou un ouvrage réalisé sans autorisation ou en méconnaissance de celle-ci. Le juge peut ordonner la démolition ou la remise en état des lieux. »

Jusqu'à cet arrêt, une partie de la jurisprudence considérait que le juge disposait d'un pouvoir discrétionnaire : il pouvait ordonner la démolition dès lors que l'infraction était constatée, sans avoir à se demander si l'ouvrage pouvait être rendu conforme. La Cour de cassation met fin à cette interprétation.

Elle affirme clairement : « La démolition ou la remise dans son état d'origine d'un ouvrage ne peut être ordonnée sur le fondement de l'article L. 480-14 du code de l'urbanisme que si aucune autre mesure, acceptée par le propriétaire, ne peut assurer la conformité de la construction aux règles d'urbanisme. » Autrement dit, la démolition n'est qu'une solution de dernier recours.

Le juge doit donc, au besoin d'office (sans que personne ne le lui demande), examiner si une mise en conformité est possible. Par exemple : peut-on obtenir un permis de construire a posteriori ? Les règles d'urbanisme locales (PLU) permettent-elles de régulariser l'exhaussement ? Si oui, et si le propriétaire accepte de déposer une demande de régularisation et de se conformer aux prescriptions qui en découlent, la démolition ne peut pas être ordonnée.

Attention toutefois : la mise en conformité doit être acceptée par le propriétaire. Si celui-ci refuse, le juge pourra alors ordonner la démolition. Mais tant que le prop

Questions fréquentes

Puis-je éviter la démolition de ma construction sans permis ?

Oui, si vous acceptez de déposer une demande de régularisation et que celle-ci est possible selon les règles d'urbanisme. Le juge doit vérifier cette possibilité avant d'ordonner la démolition.

Que faire si la commune me demande de démolir ?

Contactez un avocat et proposez immédiatement une mise en conformité. Déposez un permis de régularisation en mairie. Le juge surseoira à statuer en attendant la décision.

Combien coûte une procédure de régularisation ?

Les honoraires d'avocat varient de 1 500 à 5 000 €. Les taxes d'aménagement dépendent de la surface : comptez environ 30 €/m² pour un exhaussement.

Puis-je vendre un bien avec une construction non autorisée ?

Oui, mais vous devez informer l'acquéreur. Celui-ci peut demander une baisse de prix ou vous poursuivre après la vente. Mieux vaut régulariser avant.

Cette décision s'applique-t-elle aux constructions anciennes ?

Oui, si l'action en démolition est engagée après le 18 juin 2026. Pour les actions en cours, le juge devra appliquer ce principe s'il n'a pas encore statué définitivement.

Informations juridiques

  • Numéro: 24-14.342
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 18 juin 2026

Mots-clés

démolitionmise en conformitéurbanismearticle L. 480-14Cour de cassation

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire à Le Cannet : exhaussement sans permis

M. X, propriétaire à Le Cannet, a réalisé un remblai de 50 cm sur 100 m² pour agrandir sa terrasse. La commune l'assigne en démolition. Coût de démolition estimé : 15 000 €.

Application pratique:

M. X doit déposer un permis de régularisation. Si le PLU le permet (vérification en mairie), le juge ne pourra pas ordonner la démolition. Économie potentielle : 13 000 €.

2

Acquéreur à Grasse : construction non conforme

Mme Y achète une maison à Grasse avec une extension non autorisée. Le vendeur n'a pas régularisé. La commune menace de démolir.

Application pratique:

Mme Y peut exiger du vendeur qu'il régularise avant la vente, ou négocier une baisse de prix. Si elle achète, elle peut elle-même déposer un permis de régularisation grâce à cette décision.

3

Copropriétaire : terrasse sur partie commune

Dans une copropriété à Nice, un copropriétaire construit une terrasse sur une partie commune sans autorisation. Le syndic demande la démolition.

Application pratique:

Avant de démolir, le syndic doit vérifier si une régularisation est possible (ex : accord de l'assemblée générale). Si oui, le copropriétaire peut régulariser et éviter la destruction.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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